El cantar del destierro

Le Cid est une figure centrale de la péninsule ibérique médiévale. Bien qu’il ait vécu dans la seconde moitié du XIe siècle, ce n’est que cent ans plus tard que fut écrit le Cantar del Mio Cid, le poème épique par lequel nous apprenons la dernière étape de sa vie. Le Cantar del destierro raconte comment Rodrigo est expulsé de Castille, accusé à tort d’avoir gardé les parias de Séville qu’il avait collectés au nom du roi Alphonse VI. Commence alors un voyage vers la frontière avec les Taifas, entre les actuelles provinces de Burgos, Soria et Guadalajara, où il entame une campagne de conquête pour tenter de regagner les faveurs royales.

Le manuscrit, protagoniste d’une curieuse vicissitude, aurait été retrouvé vers 1834 par Pedro José Pidal y Carniado, premier vicomte de Villaviciosa de Asturias et premier marquis de Pidal. Ramón Menéndez Pidal a publié la première transcription de El Cantar de Mío Cid en 1900. Il raconte comment son grand-père, historien, érudit et amateur de chasse à l’ours, trouva dans une boucherie des Pics d’Europe les vieilles pages d’un parchemin enveloppées dans des morceaux de beurre.

Dès lors, la famille Menéndez Pidal a conservé le manuscrit, refusant les chèques des galeries et des musées du monde entier. Il a passé quelque temps dans une boîte de la Banque d’Espagne et dans une autre à Genève, refuge contre les dangers de la guerre civile. Depuis 1970, il se trouve dans les collections de la Biblioteca Nacional de España, prêté par la Fundación Juan March. Il y a fait l’objet de recherches et d’études approfondies. Aujourd’hui, nous pouvons tous le consulter dans les collections de la Biblioteca Digital Hispánica.

Pour célébrer le 975e anniversaire de la naissance du Cid, nous préparons en 2023 un programme dans lequel la musique médiévale et la musique de tradition orale des terres parcourues dans le Destierro seront confrontées. Les œuvres recueillies dans le Manuscrito de Las Huelgas (vers 1400) et les traditions grégorienne et andalouse sont versées dans le même bouillon de chants de moisson, de danses de la roue et de jotas de Castille et d’Aragon, entrecoupés de fragments du Cantar afin de ne pas perdre de vue le trajet entre Vivar et Atienza.

Avec l’épopée du Cid comme fil conducteur, nous revendiquons l’histoire et le patrimoine d’une des régions les plus dépeuplées d’Europe.

PROGRAMA

El Cid quitte Vivar pour l’exil/Personne n’héberge El Cid par crainte du roi

Códice de las Huelgas (s. XIV) – Plange Castella misera

Trad. Burgos – Rueda 

Cantiga de Santa María 302 – A Madre de Jesú-Christo 

El Cid fait ses adieux à Santa María/El Cid encourage Doña Jimena

Códice de las Huelgas – Conditor Kyrie

Responsorio: Plange quasi virgo

Trad. norte de Burgos – Todo lo cría la tierra  

Les chevaliers assistent aux proclamations d’El Cid/El Cid envahit les terres du roi de Tolède

Manuscript du Roy (s. XIII) – Quinte estampie reial 

Zidane – Meçaddar

Conquête d’Alcocer/Regocijo del Cid lorsque Alvar Fáñez lui apporte de bonnes nouvelles de son peuple.

Llibre vermell de Montserrat (s. XIV) – Imperayritz de la Ciudat Joyosa

Le comte de Barcelone apprend qu’El Cid dirigeait les terres sous sa protection.

Trad. Catalana – Tocs occitans

Trad. Burgos – Rueda 

 

 

 

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